Eglise Famille de Dieu au Togo: Ouverture du Mini Congrès Eucharistique National

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Décidé par la Conférence des Evêques du Togo et accueilli avec ferveur par tout le peuple chrétien catholique de l’Eglise Famille de Dieu au Togo, le Mini Congrès Eucharistique a été ouvert solennellement, ce mercredi 14 juin 2017, par Son Excellence Mgr Brian UDAIGWE, Nonce Apostolique au Togo, au cours d’une Messe pontificale concélébrée par tous les Evêques du Togo en la paroisse Cristo Risorto de Hédzranawoé à Lomé.

 

Au cours de cette cérémonie d’ouverture, l’assemblée eucharistique, en communion avec les Evêques, a rendu grâce à Dieu pour les 25 ans d’ordination sacerdotale du Nonce Apostolique. A cette occasion un cadeau spécial lui a été offert: un pagne et un collier typiques des rois coutumiers du Togo.

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Homélie du Nonce Apostolique

S.E. Mgr Brian Udaigwe

1 Cor 11,23-26; Jn 6,24-35

 

  1. Introduction et salutation

 

  1. L’Evangile nous dit : « Quand la foule vit que ni Jésus ni ses disciples n’étaient là, ils montèrent dans les barques et se rendirent à Capharnaüm pour le chercher». Après le miracle de la multiplication des pains (Jn 6,1-15), ils voulaient prendre Jésus de force pour le faire roi. En réalisant leur plan, Jésus s’est retiré sur la colline (cf. Jn 6,15). Quand ils l’ont trouvé, Jésus leur a rappelé, « vous me cherchez parce que vous avez mangé du pain et en avez eu suffisamment, et non parce que vous avez saisi le sens des miracles ».

 

Ils l’ont cherché, dans l’espoir de continuer à recevoir gratuitement du pain, mais il leur a conseillé de ne pas travailler pour la nourriture qui ne peut pas durer, qui se gâte, mais pour la nourriture qui subsiste et produit la vie éternelle, « le vrai pain du ciel ». Mais les interlocuteurs de Jésus pensaient toujours à la nourriture matérielle. Jésus va leur révéler enfin qu’il était le pain de vie, « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif ».

 

Oui, Jésus est le vrai pain de vie. C’est un autre type de pain, le pain spirituel de son corps et son sang. Comme le corps a besoin de nourriture matérielle, notre âme a aussi besoin d’être nourrie spirituellement. En recevant Jésus dans l’Eucharistie, il nous donne ce qu’il a, c’est-à-dire, la vie éternelle. Nous nous identifions à lui et, en quelque sorte, nous sommes transformés en la personne du Christ ; parce que, quand deux choses se mélangent, la plus forte fait éclipser la plus faible. Voilà pourquoi Saint Albert le Grand dit : « Ce sacrement nous transforme dans le corps du Christ …. Chaque fois que deux choses s’unissent, la plus forte transforme la plus faible en lui-même. Par conséquent, comme cet aliment possède une force qui est plus forte que ceux qui le mangent, cette nourriture transforme en lui-même ceux qui le mangent »….

 

Jésus se donne à nous sous la forme (l’aspect) du pain et du vin afin de rester non seulement avec nous, mais aussi en nous. Il s’unit au communiant et devient un avec lui, le corps de son corps et le sang de son sang. Ceux qui ne reçoivent pas ce sacrement se privent eux-mêmes de ce grand don du corps du Christ.

 

Cependant, il faut être en état de grâce pour recevoir de manière adéquate l’Eucharistie. Voilà l’importance du Sacrement de la Réconciliation, qui est étroitement lié au Sacrement de l’Eucharistie.

 

Ceux qui le reçoivent deviennent le corps du Christ ; ce n’est pas plusieurs corps, mais le seul corps de Christ. En partageant ce même corps de Christ, autant que nous soyons nombreux, nous formons un seul corps. Chacun d’entre nous est uni au Christ mais aussi aux uns et aux autres, parce que l’Eucharistie engendre aussi l’amour mutuel entre chacun et le reste de la communauté liturgique. Saint Paul écrivait, « Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous participons tous à un seul pain » (I Co 10,16-17). Nous partageons dans la dimension verticale (avec lui) et la dimension horizontale avec les autres frères et sœurs communiant à la même Eucharistie. Le Saint Pape Jean-Paul II disait, ceux qui reçoivent l’Eucharistie deviennent le corps du Christ, ce n’est pas plusieurs corps mais un seul corps ; donc, en lui nous sommes mutuellement liés entre nous (cf. Pape Jean-Paul II, Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia, le 17 avril 2003, n. 23).

 

Voilà pourquoi, chers frères et sœurs, après la réconciliation sacramentelle avec Dieu, nous devons également nous réconcilier avec nos voisins afin de participer de manière adéquate au même corps et sang du Christ. Imaginez une roue de bicyclette : le Seigneur eucharistique comme le moyeu ; nous comme les divers rayons reliant ce moyeu. Les rayons sont reliés les uns aux autres à travers le moyeu. Rappelez-vous, plus proche sont les rayons au moyeu, plus près ils sont les uns aux autres. C’est ainsi pour nous, dans notre assemblée liturgique.

 

  1. Dans la Première Lecture, Saint Paul nous raconte l’institution même de l’Eucharistie. « Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et dit : ‘Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi».

 

Célébrer cette Mémoire n’est pas simplement une commémoration ou la célébration d’un anniversaire. C’est revivre vraiment l’expérience de la dernière cène. « Mémoire » ou bien « Mémorial » est en effet une pauvre traduction mais peut-être la meilleure traduction disponible dans nos langues modernes de « Anamnèse ». Par le sacrifice eucharistique, le Christ continue à se rendre réellement présent dans son Eglise et par l’invocation de l’Esprit Saint (Epiclèse) les dons sont changés en son corps et son sang. Le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ, mais ils restent sous l’apparence du pain et du vin. C’est un changement différent des autres changements auxquels nous sommes habitués. Dans le cas ordinaire, la matière ou l’apparence de l’objet change, tandis que pour l’Eucharistie, c’est la transsubstantiation. La nouvelle substance (du corps et du sang de Jésus) reste « caché » sous l’aspect ou apparence du pain et du vin.

 

Par conséquent, comme les disciples d’Emmaüs, nous avons besoin des « yeux de la foi » pour reconnaître la présence réelle de notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Jean-Paul II a écrit dans la Lettre apostolique Mane Nobiscum Domine qu’ « Il s’agit d’une présence qui … est dite ‘réelle’ non par exclusion, comme si les autres formes de présence n’étaient pas réelles, mais par antonomase, car, en vertu de cette présence, le Christ tout entier se rend substantiellement présent dans la réalité de son corps et de son sang »  (Lettre apostolique, Mane Nobiscum Domine, le 7 Octobre 2004, n 16 ; cf. Paul VI, Lettre Encyclique, Mysterium Fidei, le 3 Septembre 1965, n 39).

 

  1. Jésus est réellement présent dans chaque particule, même la plus minuscule de l’hostie (la présence réelle)…. Certains prêtres transvasent les espèces consacrées sans précaution et reprennent les ciboires avec les mêmes mains, toujours sans aucune précaution. Il faudrait mettre un peu plus de manière, pour éviter la dispersion des particules sacrées lors des transvasements de ciboires en ciboires.

 

Jésus continue d’être présent dans l’Eucharistie, même après la célébration de la Messe ; il reste présent avec nous dans le tabernacle. De cette manière, l’Eglise nous donne l’opportunité de l’adorer et de le glorifier continuellement.

 

En fait, L’Eucharistie est le centre de notre Eglise, « la source et le sommet de la Vie et de la Mission de l’Eglise » (cf. La XIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, Vatican, 2 au 23 octobre 2005). Comme le Saint Pape Jean Paul II écrivait dans la Lettre Encyclique, Ecclesia de Eucharistia, «l’Eucharistie est la source et le sommet de toute l’évangélisation, puisque son but est la communion de tous les hommes avec le Christ et en lui avec le Père et l’Esprit » (Jean Paul II, Lettre Ecyclique, Ecclesia de Eucharistia, 17 avril 2003, n. 23). Les premiers mots de cette Lettre Encyclique de Jean Paul II est « Ecclesia de Eucharistia vivit » – L’Église vit de l’Eucharistie. Dans l’Annexe au Message de la Conférence Episcopale (CET) pour ce mini Congrès Eucharistique National, vos Pères Evêques ont bien expliqué que « Par ces premiers mots, de l’Encyclique, Jean Paul II indique que l’Eucharistie est la sève, l’aliment qui fait l’Eglise, la construit, l’édifie. L’Eglise naît de l’Eucharistie car dans l’Eucharistie est célébré le sacrifice du Christ, don du corps et de sang de Jésus pour le salut des hommes et femmes de tous les temps et de tous les lieux ». Nous ne pouvons pas séparer l’Eucharistie et l’Eglise. Si nous supprimions l’Eucharistie, nous supprimerions l’Eglise même et la communion ecclésiale parce que l’Eglise puise sa vie de l’Eucharistie. L’Eucharistie édifie l’Église et l’Église fait l’Eucharistie (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 2 et 26). Tous les autres sacrements, et, en fait, tous les ministères et apostolats ecclésiaux sont liés à l’Eucharistie et sont dirigés vers elle. Elle est le centre de l’assemblée des fidèles. Notre Eglise est une Eglise eucharistique.

 

Comme le disait le pape Benoît XVI, au cours de l’Angélus après la Messe inaugurale du Synode sur l’Eucharistie, « l’Eucharistie est le moteur de toute l’action de l’Eglise, comme le cœur est dans le corps humain » (Vatican, le 2 octobre 2005).

 

En recevant le Christ dans l’Eucharistie, le communiant est dynamisé et stimulé à rendre témoignage au Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie. Il est impulsé à imiter le Seigneur qui a daigné donner sa vie pour les autres. L’Eucharistie réunit le cœur du communiant et le Seigneur ; cette réunion enflamme en lui (le communiant) l’amour et la volonté d’«avancer au large et jeter les filets pour pêcher » (cf. Lc 5, 4). En effet, l’Eucharistie est le point de départ et le point final de la mission de l’Eglise.

 

Les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs ont reconnu le Christ ressuscité à table par un simple geste de rupture du pain (fractio panis) (cf. Lc 24, 13-35). Immédiatement ils sont allés raconter ce qu’ils avaient vu et entendu. Dans la même optique, une fois rencontré le ressuscité en prenant part à son corps et son sang, nous ne pouvons pas garder pour nous la joie que nous anime. Nous ne pouvons pas recevoir la lumière de l’Eucharistie sans la partager avec les autres. La rencontre avec le Christ, intensifiée et approfondie dans l’Eucharistie, suscite dans l’Église et dans tout chrétien l’urgence du témoignage et de l’évangélisation (cf. Mane Nobiscum Domine, n. 24).

 

Le Pape Benoît XVI explique dans l’Exhortation Apostolique, Sacramentum Caritatis, « En effet, nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin, c’est de l’amour de Dieu, c’est de rencontrer le Christ et de croire en lui. C’est pourquoi l’Eucharistie n’est pas seulement source et sommet de la vie de l’Église ; elle est aussi source et sommet de sa mission : ‘Une Église authentiquement eucharistique est une Église missionnaire’ …En réalité, il n’y a rien de plus beau que de rencontrer le Christ et de le communiquer à tous…. Nous ne pouvons nous approcher de la Table eucharistique sans nous laisser entraîner dans le mouvement de la mission qui, prenant naissance dans le Cœur même de Dieu, veut rejoindre tous les hommes. (Sacramentum Caritatis, 22 février 2007, n. N. 84).

 

  1. Excellences, Révérends pères, religieux et religieuses, frères et sœurs en Christ, je voudrais conclure cette méditation en rappelant que la mission de l’Eglise est exprimée dans sa triple responsabilité de proclamer la parole de Dieu (kérygme), de la célébration des sacrements (leitourgia), dont l’Eucharistie est le centre et le sommet, et l’exercice du ministère de la charité (diakonia). Ces devoirs de l’Eglise se présupposent mutuellement et sont inséparables (cf. Benoît XVI, Lettre encyclique Deus Caritas Est, 25 Décembre 2005, n. 25a).

 

Que le Seigneur vous accompagne !

 

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