Message de la Conférence des Evêques du Togo à l’occasion du 56e anniversaire de l’indépendance du Togo

SOYONS RESPONSABLES DANS LA JUSTICE  ET LA VERITE

A l’occasion de la commémoration des 56 ans de l’Indépendance  du Togo, nos Pères Evêques adressent à tout le peuple togolais un message de paix et un appel à la responsabilité de tous pour fonder solidement notre « communauté nationale ».

« Il n’y a jamais de responsabilité sans la vérité, affirment les Evêques ». C’est pourquoi ils ont organisé leur lettre pastorale en trois temps : un exposé de quelques notions fondamentales en matière politique, un état des lieux expliquant le vivre ensemble citoyen et les interventions de l’Eglise depuis les indépendances, et enfin  un appel ciblé pour les principales composantes de la nation afin de les inviter, chacune selon sa mission propre, à cette responsabilité citoyenne.

Les fondamentaux que les Evêques exposent à la lumière de la raison et de l’évangile sont au nombre de trois : la politique, la gestion politique et la justice sociale, la justice judiciaire. En posant la question fondamentale « qu’est-ce que la politique ? », les Evêques répondent en montrant que la mission politique ne saurait être le seul apanage des gouvernants mais bien celui de tout le peuple. Et comment tenir ensemble les citoyens ? Autrement dit, comment réaliser la gestion politique ? C’est en réalisant la justice que l’on tient les hommes ensemble, répondent les Evêques. Mais, complètent-ils, il importe de ne pas oublier la justice dans sa forme judiciaire dont le rôle fondamental est d’établir une société juste et équitable et de montrer que ce ne sont pas toujours les forts qui l’emportent sur les faibles.

Les Evêques dénoncent ensuite ce qu’ils appellent « une nationalisation de l’indifférence. » Il n’y a pas de politique possible s’il n’y a pas un sens aigu de la responsabilité, et il n’y a pas de responsabilité s’il n’y a pas de vérité. Les Evêques vont plus loin en affirmant que l’envers de la responsabilité n’est pas l’irresponsabilité mais la désinvolture, cette attitude qui consiste à faire comme si la vérité n’obligeait pas. Cette vérité est éclairée par l’évangile du bon samaritain notamment. Aussi, sommes-nous responsables les uns des autres. C’est cette vérité que l’Eglise annonce, l’Eglise est une veilleuse dans l’histoire qui, traversant la nuit de ce monde, est attentive aux cris des hommes et femmes que la nuit, le secret ou la puissance tendent à réduire au silence.

En partant du principe énoncé par le pape François à Nairobi en novembre 2015, selon lequel les religions jouent un rôle essentiel dans la formation des consciences, les Evêques ont rappelé les grandes lignes des interventions de l’Eglise depuis l’Indépendance jusqu’aux années 1990, puis de 1990 à ce jour : les appels répétés à éviter les « maladies infantiles » de l’indépendance, à la culture de l’esprit de dévouement à la chose publique, au rejet des compromissions et de la jouissance facile. Mais « à quoi auront servi les interventions de l’Eglise ? », se demandent les Evêques.  Les Evêques ne se contentent pas des seuls messages écrits. En effet, disent-ils, « entre nos paroles et notre action, nous sommes appelés par le Christ lui-même à la cohérence, nous avons toujours répondu quand nous fûmes appelés durant ces 25 dernières années à assumer des tâches de médiation aux heures les plus graves de notre histoire. Si l’Eglise oppose son « non » aux forces de dégradation à l’œuvre de notre pays, elle sait aussi dire son « oui »  quand elle perçoit des signaux encourageants ; elle sait apporter sa contribution… Mais surtout, dans la mission de l’Eglise en matière sociale, l’action précède la Parole, une action éclairée par la foi.

A qui s’adresse l’appel des Evêques dans la dernière partie de cette Lettre pastorale ?

D’abord aux politiciens : assumer chacun sa responsabilité.

Il faut louer les efforts de chacun et de tous ceux qui s’engagent à servir le bien public de façon désintéressée.

En revanche, les Evêques dénoncent avec vigueur l’injustice. « On ne peut pas, au nom d’un prétendu réalisme politique, mais en réalité au nom d’intérêts mesquins, bannir de la politique le droit et la morale. Ils en appellent à la transparence et à la mise en œuvre des engagements pris. Ainsi ils reviennent sur les réformes institutionnelles, les élections locales, la limitation du mandat présidentiel, l’égalité de traitement des citoyens, et l’appel à combattre l’impunité et à promouvoir le dialogue.

A la société civile et à tous les hommes et femmes de bonne volonté, les Evêques lancent un appel à la veille citoyenne. Ils l’expliquent en ces termes : parce qu’il arrive à nos gouvernants, régulièrement, d’oublier qu’ils sont avant tout à notre service, c’est de la responsabilité de la société civile de le leur rappeler. » Nous adressons un encouragement, poursuivent-ils, « à tous les corps de la société civile qui œuvrent pour dépasser les clivages, pour dénouer les blocages de nos institutions, pour « secouer »parfois l’Etat, de façon salutaire, en vue de construire un pays plus uni et prospère. »

Enfin aux chrétiens  les Evêques lancent un appel à la cohérence de vie au nom de l’Evangile. « Dans l’existence chrétienne il ne peut y avoir deux vies parallèles. Tous les secteurs de la vie laïque rentrent dans le dessein de Dieu qui les veut comme « lieu historique » de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus-Christ.

Les chrétiens sont invités aussi à la conversion, dans la fidélité au Seigneur, sans peur ni honte d’être chrétien.

Je vous souhaite une bonne réception de ce message de nos Père Evêques !

Télécharger le message entier en cliquant sur ce lien.

Père Gustave Wanme

SG de la CET

 

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