Résumé des différentes lettres pastorales des évêques du Togo de 1967 à 2005

Introduction

A la fois ‘‘assemblée visible et communauté spirituelle’’, l’Eglise fait ainsi route avec toute l’humanité et partage le sort terrestre du mondes ; elle est comme le ferment et pour ainsi dire, l’âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu.1 Ainsi l’Eglise, dans sa vie et dans son enseignement, se présente comme ‘‘colonne et support de la vérité (1Tm 3, 15), et aussi de la vérité dans l’agir moral. «Il appartient alors à l’Eglise d’annoncer en tout temps et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l’ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité, dans la mesure où l’exigent les droits fondamentaux de la personne humaine ou le salut des âmes ».2 Profondément conscients de cette mission, les évêques de notre pays le TOGO, réunis au sein d’une conférence, n’ont cessé d’intervenir dans les situations diverses que connaît la nation togolaise depuis l’indépendance jusqu’à nos jours. Nous proposons, dans ce travail, un résumé des différents documents qu’ils ont publiés ; ceux que nous avons pu identifier se situent entre les années 1967 et 2005.

1.Aux fils du cher pays, 1967 Lomé

Ecrite en une période de troubles socio-politique de 1967, les évêques, conscients de leur rôle de rassembleur, et dénudé de toute tendance partisane, y ont cherché à aider le peuple togolais à vivre ce temps d’épreuve à la lumière de la foi chrétienne et des exigences de la dignité de la liberté et des droits de la personne humaine. Il faudra que les citoyens s’unissent et que les chrétiens s’engagent, selon leurs moyens, dans tous les domaines de la vie sociale.

2.Lettre sans titre, le 15 novembre 1979

Les évêques, dans cette lettre, présentaient le contexte politique du pays ; un congrès extraordinaire du RPT convoqué par le Président de la République devrait élaborer un texte qui sortirait le Régime de sa situation exceptionnelle de crise. La foi au Christ et le Baptême exigent donc du fidèle la conscience de ses droits et devoirs et augmentent sa responsabilité dans l’édification de la nation. Invitant à prier les travaux du congrès, les évêques trouvent nécessaires encore leur préoccupation adressée dans la lettre Aux fils du cher pays ; celle de construire sur des bases saines et vraiment humaines la vie politique, la primauté de l’homme sur la technique dans ce pays en voie de développement.

3.Le chrétien dans le Togo en pleine mutation, 17 décembre 1990, Atakpamé.

Dans l’immense joie de Noel, les évêques ont exhorté le peuple chrétien face aux événements et mutation qui secouent notre pays, à la conversion des cœurs, à s’unir dans la prière pour implorer la paix. La situation qui se dessine est le fruit de compromissions, de lâchetés, de refus de servir la vérité, du manque d’un véritable amour de la patrie dont tous les citoyens sont coupables. Les évêques ont invité les laïcs à s’engager dans la politique en étant éclairés par la doctrine sociale de l’Eglise, aidés et accompagnés par les communautés chrétiennes et les pasteurs.

4.Démocratie : Orientations pastorales pour une société de droit, d’Amour, de Solidarité et de Paix, 24 juin 1991, Lomé

Aux hommes et aux femmes de bonne volonté, la conférence des évêques rappellent l’urgence du choix d’une société nouvelle, réconciliée et fraternelle. Ils demandent à tous une réelle conversion de cœur. Les fidèles doivent tout faire pour fonder la nouvelle société démocratique sur des bases solides et réalistes en s’appuyant sur le respect de la personne humaine, la justice, la liberté, la vérité et l’amour social. Pour aboutir à cela, il faut que les citoyens agissent de façon responsable pour l’avènement d’une vraie société démocratique. Le respect des libertés fondamentales dans les institutions est nécessaire pour assurer l’avenir du pays.

5.Exhortation des Evêques et des Ordinaires du Togo sur les prochaines élections dans notre pays, 23 mai 1992, Lomé

Il est ici rappelé l’indispensable participation responsable de tous à la vie politique et tout particulièrement les droits et les devoirs en régime démocratique. Pour tout citoyen et à plus forte raison pour tout chrétien, le devoir de vote est devoir de conscience. C’est à cela que tous sont conviés. Les prêtres, religieux, religieuses doivent s’engager de toutes leurs forces pour que le Togo puisse trouver le chemin de la justice, de la paix et de l’unité. Que les jeunes ne se laissent pas entraîner par l’esprit de mensonges nourri par des promesses fallacieuses

6.Pour un Esprit nouveau et un comportement nouveau, 16 avril 1995, Lomé

Analysant la crise socio-politique de notre pays avec le vent de la démocratie, nos Pères Evêques ont relevé la défaillance sur plusieurs plans notamment moral, spirituel, économique. Les maux trouvent leurs causes dans l’influence des moyens de communication, les valeurs humaines traditionnelles supplantées par celles étrangères. Aux familles chrétiennes, aux jeunes, enseignants et plus particulièrement aux responsables politiques, les évêques lancent des appels particuliers entre autres celui de laisser toute discorde et toute recherche d’intérêts personnel et partisans pour s’unir en vue de l’édification d’une véritable paix.

7.Construction de la Nation à l’aube du troisième millénaire, 2 février 1998, Atakpamé.

Invitant les fidèles togolais à mobiliser toutes leurs énergies pour favoriser l’incarnation du Christ dans notre monde, les évêques ont rappelé à tous la nécessaire discipline qui doit régir et réglementer la conduite des chrétiens et des citoyens de ce pays dans l’effort commun pour la construction de notre nation. Il faut prier, diagnostiquer les maux qui rongent notre société, en déterminer les causes et chercher à la lumière de la Parole de Dieu les voies et moyens pour les combattre les éradiquer.

8.A l’attention des catholiques et des compatriotes hommes et femmes de bonnes volonté, 18 juin 2002, Lomé.

Les structures sociales de notre pays dans les domaines de la santé et surtout de l’éducation se détériorent au jour le jour. L’urgent réveil de la nation englobe la responsabilité de tous mais particulièrement de ceux qui ont en charge les destinées du pays est vivement souhaité. L’heure n’est pas au découragement ni à la démission.

9.Dans la Vérité bâtissons la Paix, 19 mars 2003, Lomé

Les évêques ont donné les piliers de la paix qui sont la vérité, la justice, l’amour et la liberté, nécessaire pour tout citoyen soucieux du bien commun. Ils ont noté des difficultés sur le chemin de la paix à savoir, le non respect de la constitution togolaise. «Notre pays va mal » et « seule la vérité nous rendra libres ». Il faut intensifier donc les prières et mortification.

10.Déclaration de la conférence des Evêques du Togo, févier 2005, Lomé.

Après avoir présenté leurs condoléances à tout le peuple et aux familles éplorées suite aux décès inattendu du chef de l’Etat, les évêques invitent tous les togolais à faire preuve de discernement et de pondération dans la situation socio-politique que traverse le TOGO, tout en s’inscrivant dans l’optique du Pape Jean II qui souligne que « La justice et la paix en Afrique naîtront de la bonne gestion des affaires publiques, que beaucoup de problèmes du continent sont engendrés par une manière de gouverner entachée de corruption, et qu’en conséquence les fondements d’un bon gouvernement doivent reposer sur la saine base de lois qui protègent les droits et définissent les devoirs des citoyens ».3 Ils déplorent l’injustice et dangereuse modification de la constitution du pays. Fort de cela un engagement des chrétiens dans la politique devient plus qu’urgent.

11.Message de réconfort et d’espérance des Evêques du Togo, 17 juin 2005

Le climat d’injustice, de haine et de division suite à l’élection présidentielle ne doit pas être source de découragement. Car se décourager reviendrait à nous condamner au pire. Face à cette situation dramatique, un sérieux examen de conscience s’impose à tous. Nous devons nous demander quelles sont nos responsabilités ? Tout chrétien doit à l’avenir s’engager devant Dieu et devant sa conscience à œuvrer à une civilisation de justice, de liberté, d’amour et de paix.
Outre les documents exclusivement publiés par la conférence épiscopale du pays, nous en avons aussi identifié au moins trois qui sont signés par les autorités religieuses. Ils datent des derniers troubles causés par la mort du président GNASSINGBE Eyadema, avant et après l’élection de son successeur. Invitation à la prière pour la paix, à la fidélité à Dieu, à un effort de réconciliation voire des marques de sympathie, constituent les éléments essentiels de leurs motivations.
Conclusion

En définitive, tous ces messages de nos Pères Evêques ne portent qu’un seul souci : comment aider et faire participer les chrétiens et les citoyens au règne de la vérité, de la liberté, de la solidarité, à l’édification de la justice et paix. Ils le feront en se basant sur des principes, des critères de jugement et des directives d’action que leur livre la doctrine sociale de l’Eglise. Les Eglises évangéliques, presbytériennes et méthodistes aussi se sont joints à eux dans ce combat dans certaines lettres :
Message des autorités religieuses du Togo sur la situation socio-politique actuelle du pays, 11 février 2005, Lomé.
Message des autorités religieuses du Togo à la veille de la campagne pour l’élection présidentielle, 7 avril 2005, Lomé.
Message après les élections du 24 avril 2005, Lomé.

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